LE GROUPE SORT « DEGRIFFURES », SON TROISIEME DISQUE
Les Red Lezards plus verts que jamais

Les Red Lezards sortent leur troisième disque, une belle collection de dix titres rock and folk qui sentent la révolte saine, la rébellion sereine, l’utopie libertaire… Bref, un joli disque pour un groupe discret qui perpétue une certaine idée du rock havrais.

      C’est Little Bob qui leur a mis le pied à l’étrier, il y a déjà plus de 10 ans. « C’était en 1991 », se souvient Stéphane Lebourg, chanteur et principal auteur des Red Lezards  « Sans lui, on n’aurait peut-être pas osé franchir le pas. D’ailleurs, pour ce disque là, comme pour les autres, il nous donne toujours son avis…»
      De tous les groupes en activité sur la Porte Océane, Red Lezards est sans doute celui qui, aujourd’hui, reste le plus proche de l’idée, parfois brumeuse, du rock havrais.
      Cette filiation ne se retrouve pas tant dans la musique, mais plutôt dans l’esprit qui règne au sein des cinq lézards.

Indépendance artistique
     
Le groupe perpétue à bon escient une utopie libertaire, un engagement sans faille contre les injustices et une totale indépendance artistique.
      Musicalement, le groupe affiche un éventail riche d’harmonies et de rythmes inspirés, tantôt ballades folks acoustiques, tantôt chansons rock électriques.
      Leur troisième disque, Dégriffures, joliment emballé dans un digipack rouge flamboyant où trône un lion borgne dessiné par Riff, confirme l’aisance des Red Lezards à imposer leur univers.

      Enregistré au studio Franklin sous la houlette de Florent Barbier, l’es-Roadrunner, ce disque des Red Lezards se fend d’une belle production où l’on repère l’harmonica d’Elliott Murphy, la guitare d’Olivier Durand et les percussions de Florent Barbier. Car les Red Lezards, à l’image de leurs chansons, n’ont aucun souci avec leur ego et rameutent la fine fleur du rock local pour mettre un peu de piment dans leur disque.
      « Olivier Durand nous a même écrit une chanson »
, explique Stéphane Lebourg. Et puis quand on a la chance qu’Elliott Murphy passe au studio et accepte de jouer de l’harmonica, on peut difficilement jouer les dédaigneux ». Quant à Florent Barbier, il a joué un vrai rôle de producteur, notament en demandant au chanteur des Red Lezards de baisser d’un ton. « En effet, Florent m’a demandé de chanter en dessous de mon timbre naturel. Ce fut assez difficile, mais je crois que le résultat est assez intéressant », assure Stéphane Lebourg. On dira même plus, c’est une remarquable réussite qui ajoute un réel supplément d’âme au groupe. Cette voix basse et grave, presque atone par moment, permet de mieux faire ressortir les contrastes entre paroles et musique.

Aucune scène ici avant 2006...
     
D’ailleurs les Red Lezards ont encore gagné en épaisseur avec ce Dégriffures, qui porte plus que jamais leur « patte » de reptile à sang chaud. Il reste désormais à voir ces nouvelles chansons sur scène. Malheureusement, face au marasme dont souffre l’agglomération en ce domaine (L’Agora en crise face à la scène locale, restrictions budgétaires à Gonfreville l’orcher…), les Red Lezards ne bénéficient d’aucune date en ville d’ici 2006.

          De quoi encore voir rouge pour nos Lézards préférés…

Philippe LENOIR
Havre Libre

   
 
   

Place des Arts
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Red Lezards

Dégriffures… Ne cherchez pas ce mot dans le dictionnaire. Qu’il soit moderne ou ancien, grec ou latin, vous ne trouverez rien. Ce mot n’existe que dans le vocabulaire redlezardien. C’est en effet le nom du 3ème album des guérillerock ‘n’ roll locaux (et un peu « loco » aussi).

      On l’attendait depuis trois ans. Ce n’est pas qu’on se lassait de 214’s et d’Impasse de la Liberté, mais il faut bien varier les plaisirs. Le 3ème album des Red Lezards arrive pile poil pour prendre l’actualité à rebrousse poil.
      En dix titres (cinq in english et cinq en français) , les Lézards ne mâchent pas leurs maux et affichent le couleur. « J’accroche à mon cœur un bout de chiffon rouge et noir » dit le refrain de Jusqu’à demain. « c’est toujours assez militant, explique Stéphane. Mais on a franchi un petit palier au niveau des compos et des musiques. La voix est plus grave aussi. On a pris plus de temps pour faire les choses comme il faut. »
     
Parmis les bonnes surprises, on trouve un titre, Deux ou trois jours à peine, écrit par Olivier Durand et même une apparition d’Elliott Murphy (à l’harmonica) sur Waiting for you. L’album, enregistré au studio Franklin, est produit et enregistré par Florent Barbier assisté d’Olivier Durand et Brieu Maurel. Le beau livret est signé Riff et Casa. Ce qui fait de Dégriffures un album-concept très agréable à entendre et à voir.
      Comme pour les précédents CD, le financement a été acrobatique. Une asso ne sort pas 10 000 € de sa poche tous les jours. Alors, les fidèles souscripteurs ont encore répondu présent. Quand ils ne reversent pas leurs cachets à des causes amies (intermittents…) ou qu’ils ne jouent pas gratos (pour les enfants d’Irak, pour des syndicats…), les Lézards récupèrent parfois quelques billets. La vente de leurs albums et de leurs tee-shirts met aussi un peu de beurre dans les épinards mais cela ne boucle pas un budget. En offrant 2000 € aux turbulents enfants du pays, la vile de Gonfreville l’Orcher a donné un coup de pouce à l’aventure. En échange, nos amis joueront lors de l’inauguration de la salle des fêts de Gournay. Ils sont également attendus sur la scène de l’ECPC avec une pointure dans le cadre des « duos éphémères » initiés par le service Culturel. On vous en dit plus dès que possible.

P. Cole (Actualités)

   
 
   

AVEC SON NOUVEAU DISQUE "IMPASSE DE LA LIBERTE"
Le groupe havrais, les Red Lezards, mérite sa place au soleil 

Les Red Lezards sortent leur second Album, intitulé "Impasse de la Liberté". Un disque qui se nourrit des personnalités de tous ses membres avec des musiques qui balancent entre folk et rock, entre textes en français et en anglais bien sentis.
      D
epuis dix ans, les Red Lezards écument avec succès les scènes havraises avec leur musique folk-rock plutôt festive, très inspirée de la musique populaire américaine. Après un premier disque intitulé "214's", les reptiles de la Pointe de Caux présentent avec une légitime fierté leur second opus discographique au titre très évocateur: "Impasse de la liberté". 
      U
n autoproduit d'une grande qualité qui ressemble vraiment à ce groupe dont l'image est parfois troublée par son nom. " On croit souvent que nous sommes un groupe de rock pur et dur " explique Stéphane Lebourg, auteur-compositeur des Red Lezards. Et puis la réputation du rock a la peau dure, même si les Red Lezards revendiquent cette filiation avec Little Bob ou les Roadrunners. Notamment par leur attachement aux textes en anglais qui a longtemps fait partie du dogme des rockers de la Porte Océane. " Mais nous avons voulu également nous démarquer en faisant des chansons en français. C'est plus difficile parce qu'en français, on se met vraiment à poil et qu'ainsi tout le monde comprend nos états d'âme et nos engagements, mais c'est aussi une volonté ", précise le chanteur.
Engagés
      C
e disque comme le précédent alterne donc chansons en anglais et en français avec des textes bien sentis et engagés comme "Rejette à l'eau", titre sur les sans-papiers, "School", critique du système éducatif ou encore "Vide ville", leur regard nostalgique sur Le Havre avec une phrase qui montre de quel côté de la barrière se situent les Red Lezards: "Il en est qui dans leur âme en sont fiers / Vide ville au bord de l'eau".
       Les Lezards ont le sang chaud et rouge. " Le fait de tous travailler dans le domaine social, de la santé et de l'éducation nous influence forcément ", nous confirment les Red Lezards. Mais le groupe ne se limite pas à vitupérer sur la société et d'autres titre expriment des sentiments plus intimes sur le temps qui passe... Car les Red Lezards, c'est aussi de la musique avec un son folk, souvent très acoustique, quelques rythmiques jazzy et surtout un accordéon entêtant qui marque les mélodies et donne un air souvent festif à des chansons relativement sombres et rebelles. " Nous venons d'horizons et de formations musicales très diverses, ce qui ce qui donne ces influences variées à notre musique ", confirme Stéphane Lebourg.
Elargir l'audience
      E
nregistré à l'automne dernier au studio Franklin par Brieuc Maurel, le disque porte la griffe du producteur, Florent Barbier et du guitariste Olivier Durand, visible dans une certaine volonté d'apurer les chansons, leur conserver leur âme folk, eux deux qui ont travaillé sur les derniers disques d'Elliot Murphy.
      Un disque qui possède donc une réelle cohésion, fidèle à la personnalité des Red Lezards tout en restant très accessible au plus grand nombre. La volonté du groupe est d'ailleurs d'élargir son audience en dehors des des frontières régionales et pourquoi pas de décrocher la timbale auprès d'un label. Mais malgré leurs dix ans d'existence, les Red Lezards ne maîtrisent pas toutes les arcanes du business musical. " Si le titre "Impasse de la Liberté" est significatif de nos chansons, il est également lié à l'avenir du groupe. Le diktat des radios et la logique éditoriale des maisons de disques nous échappent quelque peu, alors que le public est de plus en plus présent à nos concerts ". Les Red Lezards aimeraient passer la vitesse supérieure du professionnalisme. Cet excellent disque, tiré à mille exemplaires, pourrait bien montrer la direction qui permettrait à nos lezards de se faire une place au soleil. Car ces reptiles là, s'ils ont la langue bien pendue, possèdent un vrai talent qui ne demande qu'à exploser.

    Philippe LENOIR 

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